Des animaux vivants et réels (chats, chiens, carpes, corbeaux, écrevisses, hérons…), mais surtout des représentations d’animaux (logos, mascottes, panneaux, peintures murales, “stickers”, affiches, origamis, sculptures, statues, peluches, dessins animés, porte-clés…) peuplent la ville japonaise. Il n’y a qu’au Japon où l’on peut trouver une si forte présence animale. Toutefois, ce pays n’est pas pour autant un paradis pour animaux car la place qu’on leur accorde est finalement symbolique. Il s’agit, avant tout, d’un bestiaire domestiqué, docile, immortalisé et compatible avec la modernité du Japon.

J’ai souhaité aborder ce sujet de manière légère et ludique en suivant un jeu de piste improvisé dans le but de débusquer et de dévoiler ce bestiaire réel et imaginaire. Comme les gosses qui s’amusent à attraper des papillons, j’ai retrouvé ce plaisir simple et enfantin lorsque je photographiais les signes manifestes ou cachés de cette présence animale. Ce fil d’Ariane, que je me suis inventé, m’a permis de (re)découvrir le Japon d’une autre manière, révélant ainsi une certaine sensibilité à la nature dont l’attachement aux animaux me semble être une des expressions les plus marquantes. Pour quelle(s) raison(s) les Japonais accordent-ils une place si particulière aux animaux ? Je n’ai pas de réponse à la question, mais au fond, j’aime à penser que leur présence permet de rendre moins hostile et inhumaine la ville et la société japonaises.